Requiem

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Enfant qui repose et roche de Cumes par Leonardo Cremonini

Requiem, avec Leonardo Cremonini, Galilée, 2006.  
Jamais je n’aurais eu l’idée d’écrire un requiem si un compositeur n’était pas venu me trouver à la fin du mois d’octobre 2005, à Paris, dans la ruelle du Danube. Le 27 octobre. Puis je n’ai plus revu Thierry Lancino. Nous nous adressâmes des lettres. J’avais beaucoup de mal à expliquer ce que j’entendais par « requiem athée ». Je désirais qu’au fur et à mesure que les répons liturgiques alterneraient il ne fût pas possible de choisir entre anéantissement et éternité. Le 21 février 2006 je lui écrivais : «Je vous promets, cher Thierry, que ce sont ces deux mains distinctes pour tâter la mort qui bouleversent ceux à qui j’ai montré le texte. Je vous demande vraiment de conserver cette vision.» Le musicien envisageait de composer sa partition en 2007.C’est ainsi que ce livre ne choisit pas. Il ne choisit pas entre le latin et le grec. Il reste écartelé, bilingue, bisexué, bipsychique. Sans cesse le roi David dit en latin: « Non mori ! » tandis que la Sibylle répète sans finir la réponse grecque que Pétrone a placée dans la bouche-de Trimalchion : « Apothanein thelô »
Ne pas mourir. Je veux mourir.
Toujours, quoique les croyants disent, face à l’espoir paradisiaque persiste le désir de déserter. La vie nous a donné avec elle-même la liberté d’en interrompre le cours. La possibilité de mourir est comme un talisman que nous portons avec nous.Pascal Quignard
 
Lien vers l’éditeur http://editions-galilee.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=3222