La Parole de la Délie

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La Parole de la Délie, Mercure de France, 1974 (2ème édition, Mercure de France, 2001).
Pontus de Tyard rapporte qu’après la parution, en 1544, de la Délie de Scève, à lecteur rebuté, qui fronçait le sourcil, et jetait « sus la table, à demy courroucé » un exemplaire du livre, il dut répondre qu’aussi bien « se soucioit bien peu le seigneur Maurice que sa Delie fust veue ny maniée des veaux ».
Ainsi, du vivant même de Scève jusqu’à la fin du XIXe siècle, se perpétua l’image d’un poète « hermétique » (qu’au XIXe siècle Fontaine rapprochait de Dante, qu’au XIX siècle Faguet renvoyait à Lycophron et à Mallarmé).
Par un mouvement inverse, dès le début du xxe siècle se multiplièrent les éditions partielles ou savantes, et les essais ou les recherches érudites, s’efforçant de mettre au goût du jour et d’apporter quelque lumière sur cette œuvre oubliée et réputée obscure.
Se refusant à ce double mouvement, n’allant ni vers un Scève « obscur » ni vers un Scève « clair », ces pages tentent l’entreprise peut—être singulière, sans nul doute périlleuse, de relire la Délie «dans le texte», de questionner vers cet oubli lui-même dont cette œuvre ne fut pas « sans raison » frappée, d’interroger cette exigence sans exemple, incomparable qui entreprit de fonder un langage capable de la nomination de l’autre au sein de la relation d’amour — bref : de restituer cette parole au chaos propre de sa voix.Pascal Quignard
Table des matières

I. L’obscur en tant que l’oubli      9
II. Nommer, dire, taire             21
III. Nommer, soupirer, bruire   59
IV. Le dizain et la louange……..87
V. L’obscur en tant que le vague 123
VI. Le baratin d’amour………….147
VII. Loquor, experior, morior 181

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